Postcards

Le Pêcheur et la mer

 

https://www.youtube.com/watch?v=qBSC30NIB10

 

 

Par un temps incertain un pauvre pêcheur,  

S’en est allé tout seul se frotter à la mer.  

Le ciel sortait du bain drapé d’un peignoir d’une drôle de couleur   

Contraste avec le froid glacial de ce satané hiver 

 

Le vent soufflait sans se lasser  

La mer agitée redoublait d’intensité  

Son chalutier lentement au loin disparaissait 

tandis que je continuais inlassablement à le scruter  

 

Un éclair déchira le ciel bien malmené à présent  

Et au loin gronda le tonnerre assourdissant,  

Puis ce fut un calme précaire mais ô combien pesant   

Avant que la pluie ne fouette la mer sans ménagement    

 

Refrain

Pour assumer et nourrir ses six rejetons  

Nul besoin d’une longue réflexion   

Il lui fallait à tout prix remplir les paniers     

mais à chaque sortie il était rentré bredouille  

Cette fois, pensait-il, elle finirait par lui céder,  

impressionnée par son courage et sa débrouille   

 

Tout devint brusquement sombre 

Ambiance de fin du monde on aurait dit la nuit  

Le bateau n’était plus qu’une ombre  

jouet balayé à chaque seconde par une mer en furie 

 

A terre les plaisanciers se réfugiaient dans leurs appartements  

en prévision d’une sale tempête, ravageuse, assurément      

Dans les bistrots bondés de la jetée les discussions allaient bon train

Le temps à la fête battait le pavé et jouait la vedette avec son grain  

 

Refrain 

 

J’ai longtemps pensé à lui, lui que je n’ai jamais revu depuis  

Chavirage et naufrage s’en sont suivis sans préavis  

Sa coque de noix n’était désormais plus qu’une épave  

A qui la mer démontée avait tissé des entraves   

    

Je ne t’oublierai pas Henri, mon ami 

Toi ce gars humain, fort et hardi                             

Toi le marin que la mer a pourtant surpris 

Pour te garder près d’elle, trophée dans son lit. 

Je ne t’oublierai pas Henri, mon ami  

Je ne t’oublierai pas Henri, mon ami  

 

Récité

Tes compagnons d’infortune, tu ne les verras pas saborder leur bateau

Pour que des technocrates confortablement assis derrière leur bureau 

Leur balancent dans l’indifférence, une poignée, d’Euros